Le libre accès

Le libre accès

INTRODUCTION

Ce petit livre servira à explorer les enjeux relatifs au libre accès (open acces). Commençons par définir ce terme: Le libre accès est l’idée que grâce au numérique, une information pourra être diffusée gratuitement sur le web puisqu’il n’y a pas d’objet physique à acheter, tel qu’une revue ou un manuel. Évidement, le contenu qui a été produit doit être payé d’une façon ou d’une autre, ce qui veut dire que de nouveaux modèles économiques émergent pour subvenir aux besoins monétaires des revues scientifiques, par exemple.

Pour la définition d’un logiciel libre,cliquez ici.

Voici une collection d’oeuvres ou de cours offets gratuitement sur le web, visitez Open Culture!

1- INTERVENTIONS DES JOURNÉES D’ÉTUDE

Certaines interventions ont été particulièrement utiles pour la compréhension des enjeux du libre accès, voici le compte-rendu de quelques unes:

L’exemple d’Érudit par Dominique Bérubé

La contribution des bibliothèques par Diane Sauvé

L’exemple de l’INA par Xavier Lemarchand.

1.1- L’EXEMPLE D’ÉRUDIT

Les informations données ici sont tirées d’une intervention de Dominique Bérubé lors de la journée d’étude du 21 avril, Éditorialisation et nouvelles formes de publication.Le titre de sa présentation était «Érudit comme infrastructure pour la diffusion libre accès et au soutient de la recherche».

Érudit est un projet indépendant du gouvernement, car il est formé d’un consortum interuniversitaire entre l’Université de Montréal (65% du contrôle), l’Université de Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il s’agit d’un organisme sans but lucratif où les contributions ce font sur une base volontaire. On trouve dans les activités de l’organisation un respect de la vie intellectuelle puisque Érudit est plus un service d’accompagnement à l’édition numérique pour les revues scientifiques qu’un éditeur lui-même. Ainsi, Érudit n’a aucun contrôle sur le contenu brut des articles qui se retouvent dans sa base de données. Par contre, le processus de numérisation est contraignant. Il laisse peu de place à l’expérimentation, puisque la mise en page crée une homogénéisation forcée. Le manque de liberté octroyé aux revues est maintenant parfois remis en question, le projet étant toujours repensé en fonction de l’avenir.

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L’exemple d’un document PDF généré par Érudit.

Cependant, on peut parler d’un succès de la centralisation. En effet le projet regroupe 130 revues différentes avec 25 millions de pages visitées en 2013. D’ailleurs, comme 66% de la consultation des pages d’Érudit viennent de l’international, le projet permet de faire rayonner la recherche québécoise dans le monde. Ainsi la centralisation a permis un meilleur accès pour les chercheurs des autres pays au contenu que crée le Québec.

Une étude effectuée par Vincent Larivière démontre qu’Érudit est le 2e portail le plus consulté à l’Université de Montréal, après Naturepublishing, mais avant Elsevier.

La question du libre accès devient plus délicate dans le cas d’Érudit, puisque plusieurs des revues hébergées sur le site sont contre la gratuité du contenu qu’ils publient, puisqu’en général ces personnes s’intéressent plus à leur discipline qu’aux humanités numériques , ainsi pour que les articles soient disponibles en accès libre, c’est à Érudit de l’exiger.

Érudit a un budget de deux millions de dollars, financé à 85% à l’externe du gouvernement, grâce à certaines commercialisations. L’agrégateur de numérique s’est également mérité le titre « d’initiative scientifique majeure » par le FCI, avec leur financement. Érudit redonne aux revues qui sont impliquées dans le projet 750 millions de dollars. De plus, le projet a pu conclure une entente de deux ans avec leCentre canadien pour la recherche. Cette entente permet à 53 bibliothèques canadiennes de payer la facture du service d’Érudit. D’elle-mêmes, seules 15 bibliothèques canadiennes étaient prêtes à payer pour le service. Dans cette entente, Érudit s’engage à pousser les revues à l’accès libre et à chercher des nouveaux modèles économiques, ce que Dominique Bérubé appelle un « crowd fundinginstitutionnel ». On compte déjà 20 revues en accès libre sur la plateforme. Le but ne sera pas d’imposer un modèle à la communauté de revues, puisqu’Érudit n’est pas un structure gouvernementale, mais les moyens d’Érudit ne permet pas de tenir tête aux pressions institutionnel qu’il subit. En effet, le projet compte 4 employés actifs à temps plein, le financement de la FCI va permettre d’avoir 10 personnes.

Le modèle économique d’Érudit et ses problèmes:

Les revues qui font partie du projet sont financées de façon inégale, ce qui est un important problème pour Érudit. Certaines revues n’ont aucune subvention et sont en accès libre, alors que d’autres reçoivent 80 000$ de subvention et disent qu’elles n’ont pas assez de soutient. De plus, l’Université de Montréal, qui contrôle 85% d’Érudit et dont les professeurs contribuent aux revues, n’a aucun programme de financement de ces revues. Les associations savantes ont beaucoup fait la promotion des revues, mais leur lien est moins grand qu’autrefois. Érudit a réussi une certaine commercialisation à l’internationale, mais l’accès libre demandé par le RCDR va empêcher cette source de revenus, ce qui veut dire que ce sera au Canada de financer ces revues et Érudit dans leur entièreté.

La production des métadonnées sur Érudit se font enXML, ce qui crée une force dans l’homogénéité des contenus, un avantage qui pourrait permettre à Érudit de devenir un service de production de données de recherche. Érudit est déjà très sollicité de ce côté. Cependant, ce travail est coûteux et seules les revues ayant un bon financement de base pourront se payer ces services.

Qui finance la plateforme Érudit?

Ce sont les subventions qui permettent de financer Érudit, environ un tiers ou un quart des financements prévus seront en effet reçus. Il y a donc une trop grande dépendance aux organismes subventionnaires, en effet, l’entente avec le RCDR rend Érudit dépendant des bibliothèques canadiennes. DEpuis l’entente, des directeurs de bibliothèques canadiennes siègent au conseil d’administration d’Érudit. Afin d’éviter une telle dépendance, il faut diversifier les membres du conseil d’administration et trouver des sources de revenus diverses.

Des exemples de projets en développement:

Le laboratoire PREEO: Il ne sera subvenionné malheureusement, mais son but était d’élargir le corpus d’Érudit et de devinir une plateforme de recherche pour intégrer plusieurs projets de numérisation de différents documents de recherche et de données de recherche. Cela créerait une grande plateforme d’exploration de documents.

Il y a aussi un projet d’index de citations en sciences humaines et sociales en partenariat avec l’agence universitaire de la francophonie .

Érudit a également un projet avec la CRSH, c’est une étude financière des revues canadiennes, à propos des coûts associés au libre accès.

Il y a aussi le projet d’Édinum, qui se basera sur les questions de centralisation et de décentralisation.

En conclusion, Érudit a une immense pression pour faire les bons choix dans des délais qui sont trop courts pour une réelle réflexion.


Il y a eu ensuite une discussion sur l’intervention, dont on essayera de faire ressortir les points importants.

Les plateformes telles qu’Érudit peuvent-elles avoir un rôle de prescripteur face aux revues? C’est un paradoxe, puisque le modèle est possible en numérique et en libre accès, mais le rôle de prescripteur empèche le pluralisme qui est aussi désiré dans les communauté savantes. Peut-on forcer les revues à faire du numérique, à faire du libre accès? Peut-on concevoir qu’il y a une différence entre une décision prise par l’État et une recommendation par des chercheurs qui étudient la question.

La prescription du libre accès se fait en Europe, où la publication est exigée aux chercheurs financés par l’État. La différence entre les dépôts institutionnels et Érudit est que Érudit se charge de la promotion en la diffusion des contenus, alors qu’un dépôt n’offre pas ce service.

Un autre exemple de modèle économique est qu’une partie du budget d’acquisition des bibliothèques de Concordia sont consacrées à la production de leurs propres chercheurs dans une presse universitaire, c’est une réelle création de contenus.

Les presses de l’Université de Montréal a aussi un projet de financement du libre accès.

Le changement est trop grand pour être fait par les éditeurs classiques eux, même, le changement se verra plutôt par disparition progressive de ces acteurs sur 20 ou 30 ans, et ils seront remplacés par des éditeurs avec un nouveau modèle économique basé sur le libre accès. Les plateformes doivent assurer la survie de ces plus jeunes éditeurs qui innovent.


L’expertise d’Érudit en matière de libre accès est reconnue par plusieurs, ils sont donc consultants dans les projets de libre accès pour les Presses de l’Université de Montréal, tout comme les bibliothèques de l’université.

1.2 -LA CONTRIBUTION DES BIBLIOTHÈQUES

Les informations données ici sont tirées d’une intervention de Diane Sauvé lors de la journée d’étude du 21 avril, Éditorialisation et nouvelles formes de publication. Le titre de sa présentation était «Les bibliothèques de recherche: partenaires dans l’aventure».

Les projets d’éditorialisation et de numérisation sont pris en charge de façon assez décentralisée à l’Université de Montréal, ainsi différents bibliothécaires s’occupant de disciplines différentes vont participer à ces projets, par exemple Diane Sauvé travaille dans l’aide à la réussite de la recherche.

Les bibliothèques publiques sont un exemple de démocratisation du savoir qu’il faut souligner, par exemple la BAnQ a unprojet de contributions Wikipédia pour avoir des descriptions des différents villages au Québec.

Le mandat des bibliothèques a-t-il changé depuis l’ère du numérique? Il s’agit surtout d’une continuation, puisque le plus important reste de faciliter l’exploitation de l’information par la classification et la diffusion de cette dernière. Les bibliothèques dans le passé se sont concentrées sur l’acquisition d’informations faites à l’externe pour leurs usagers tels qu’enrichir des collections ou se procurer des licences. Maintenant, les bibliothèques universitaires font des efforts pour diffuser le contenu qui est créé à l’interne par les chercheurs et les étudiants.

Depuis environ 20 ans, on voit plusieurs rapports d’études qui montrent que la profession a tout de même évoluée, on voit que des nouvelles compétences sont requises pour faire ce métier, en voici quelques exemples. (Pour un autre article sur le sujet de l’agrandissement des compétences requises dans les employés des bibliothèques, cliquez ici.)

Tout d’abord, on voit un rôle de soutient aux professeurs et aux chercheurs en humanités numériques. On voit la création de postes tels que « spécialiste des communications savantes » ou « open acces librarian ». Les bibliothèques universitaires peuvent déléguer ces postes à une seule personnes, mais aussi à des équipes allant jusqu’à 20 personnes! À cause du manque des ressources, beaucoup de projets se font en collaboration avec d’autres bibliothèques, par exemple l’Association des bibliothèques de recherche du Canada, la branche des bibliothèques du Bureau de coopération interuniversitaire, l’ association of research libraries . Plusieurs projets se font également en collaboration avec d’autres branches de l’Université de Montréal, par exemple avec le Bureau Recherche Développement Valorisation, le Centre d’expertise numérique pour la recherche , les archives de l’Université de Montréal (mise en valeur des collections). La bibliothèque est également en partenariat avec le PUM (collaboration pour des publications en accès libre) et avec Calcul Canada (gestion des données de recherche).

Comment les bibliothèques peuvent soutenir des projets d’éditorialisation numérique? D’abord, par ladiffusion du contenu, mais aussi par la création, certaines bibliothèques assument des fonctions d’éditeurs avec des projets d’Open textbook. Un autre rôle d’une importance grandissante est lerayonnement de la recherche à l’université.

la gestion des contenus: Les bibliothèques peuvent ainsi s’occuper de la gestion des dépôts institutionnels, environnements de diffusion d’objets numériques (projets avec Lettres et Sciences humaines, avec la Collection des livres râres…),

la conservation à long terme, encourager le libre accès, appuyer les chercheurs dans les droits d’auteurs et les licences…

l’aide au soutient et à la formation (par exemple, l’Université de McGill offre desateliers de formationsur les possibilités du numérique) ,le développement d’outils comme Dataverse à Harvard, un projet pour promouvoir le libre accès. Certaines bibliothèques possèdent même des laboratoires pour la visualisation des données, le DMP online, un outils créé par les bibliothèques de l’Université d’Alberta en collaboration avec celles de l’Université de Montréal pour la création d’un Plan de gestion de données de recherche avant le déroulement d’un projet de recherche. Les bibliothèques créent des outils légaux pour les auteurs, offrent des services de description de métadonnées pour les chercheurs, ainsi que des services de création de DOI.

Le rayonnement des conférences ou les expositions organisées par l’université, par exemple la promotion du volet numérique de l’exposition des affiches de guerre par la collection des livres râres.

Les lobbys auprès du public et du gouvernement lors des projets de lois, des prises de positions sur certains sujets tels que l’accès libre, les droits d’auteurs, le soutient aux étudiants en situation d’handicaps et plus encore… toujours dans le but de pousser l’accès à l’information.

Des analyses de besoins de la communauté: par exemple les bibliothèques de l’Université de Montréal ont menées une enquête en partenariat avec d’autres Bibliothèques canadiennes sur le soutient à la communication savante des chercheurs. Ceci permet de voir comment la bibliothèque devra consacrer ses ressources pour aider les chercheurs et les étudiants.

On comprend donc que les bibliothèques de nos jours doivent faire face à des problèmes de manque de fonds pour réaliser des projets et doivent aussi trouver du personnel avec des qualifications de plus en plus variées afin de soutenir sa communauté de façons complète. Il faudra s’assurer de créer des contraintes de formats afin d’assurer la pérennisation des données. En effet, cette information « gratuite » que permet le libre accès vient avec un devoir, celui de conserver cette information pour les générations futures.


Pour un article argumentatif sur pourquoi les bibliothèques bénéficient d’un modèle économique d’accès libre des journaux scientifiques, cliquez ici.

Pour lire la prise de position en faveur du libre accès de L’association des bibliothèques de recherche du Canada, cliquez ici.

Pour un article sur le rôle des bibliothécaires comme personnes-ressources à l’ère du numérique,cliquez ici.

Pour un article sur la numérisation et mise en ligne de 30 millions de documents sur l’histoire de l’art par une association de bibliothèques, cliquez ici. Un autre évènement similaire de mise en ligne d’images d’oeuvres d’art ici.

Pour un court article sur la croissance du prêt en bibliothèque à St-Jérôme, en banlieue de Montréal, cliquez ici

1.3- L’EXEMPLE DE L’INA

Les informations données ici sont tirées d’une intervention de Xavier Lemarchand lors de la journée d’étude du 22 avril, Éditorialisation et nouvelles formes de publication.Le titre de sa présentation était « La diffusion en ligne des documents audiovisuels à l’INA: nouvelles pratiques de l’archive ».

Commençons d’abord par une petite présentation de l’INA avec quelques dates:

  • 1992: dépôt légal des archives audiovisuelles, on prend conscience de  l’importance de ce patrimoine. Aujourd’hui c’est 120 chaînes enregistrées en continu. Ces fonds sont destinés aux chercheurs qui peuvent les consulter grâce à des emprunts à la Bibliothèque nationale de France.
  • 1998: Numérisation des bandes magnétiques, permet de préserver les archives.
  • 2006: Ouverture du site ina.fr destiné au grand public. Ceci permet de transformer le mandat de l’INA, créant une possibilité de valorisation des archives. L’INA est devenur connue du grand public.

Comment le travail de l’INA a été influencé dans le passage de l’analogique au numérique? L’archive et le média deviennent deux pans d’un même objet. Il y a également un brouillage important entre les producteurs et les consommateurs d’objets audiovisuels. De plus, on passe d’une rareté à une surabondance des contenus, ce qui en rend la gestion difficile. En effet, il serait impossible d’archiver Youtube. Notons aussi que les outils d’édition de l’image de plus en plus disponible. L’image est devenue si facilement malléable que l’on constate chez les jeunes générations une mise en doute automatique de l’archive alors qu’autrefois on la considérait comme une preuve.

Les images sont maintenant automatiquement remises en question.
Les images sont maintenant automatiquement remises en question.

Le rôle de l’INA sera donc d’assurer l’authenticité des documents qui sont archivés. Ainsi on assure que le document est ce qu’il prétend être (ex: une émission culturelle des années 80, pas une reproduction des années 2000 de ce à quoi une émission des années 80 pouvait ressembler). Par contre, la  fiabilité du document, c’est-à-dire exprimer que les informations contenues dans le document sont vraies, n’est pas une fonction de l’INA. L’authenticité est doc garantie grâce à la notice documentaire qui rend également ces informations disponibles grâce aux métadonnées.

L’INA doit faire face à la décontextualisation des documents auxquels elle donne accès, ainsi un document qui a été conçu avec l’actualité plutôt que la pérennité est difficile à remettre en contexte. Cette dernière commence cependant dès la diffusion. c’est une question qui n’est pas spécifique à l’archive.

Le document visuel impose sa temporalité, mais le numérique permet d’offrir des outils de malléabilité de cette temporalité. On peut par exemple enrichir le document par un résumé ou une transcription, qui permettent de comprendre plus vite le document consulté. On peut aussi constater une ubiquité du document, c’est-à-dire qu’on peut y avoir accès en tout temps et en tout moment.

Pourquoi le public pourrait-il vouloir consulter les archives de l’INA? À des fins de:

  • Divertissement
  • Culture
  • Nostalgie
  • Histoire
  • Sociologie
  • Proximité
  • Étude des médias
  • Rétro-actualité.

Ces différentes raisons mènent à différentes tâches d’éditorialisation pour le site de l’INA: D’abord des il faut faire des sélections pour faire raisonner certaines archives avec l’actualité. On fait ensuite des indexations spécifiques (catalogage, géolocalisation, thèmes, transcription synchronisée,  chapitrage). Il y a un travail de création de dossiers thématiques et d’articles qui permettent une contextualisation historique, médiatique et pédagogique faite avec des spécialistes. Ceci permet de s’assurer qu’il n’y a pas d’incompréhension de l’archive par le public et permet la visibilité des archives.

L’éditorialisation a un coût important, il y a donc 3 modèles économiques pour faire fonctionner le site:

  • Des publicités.
  • La vente de documents ou du VOD (video on demand).
  • Des projects de co-production avec des organismes (institutions culturelles par exemple) qui financent des projets utilisant les archives.

L’INA n’est pas seulement un site! Il y a un travail d’animation sur les réseaux sociaux et un lecteur exportable. L’ina a aussi des chaînes Youtube et Dailymotion. Sur le site d’ina.fr, il y a 375 000 différents médias, ce qui est une fraction des fonds de l’INA. La ligne éditoriale du site est surtout la question de la rétro-actualité, c’est-à-dire d’avoir des archives en lien avec l’actualité, ceci permet d’éclairer les événements du présent avec une profondeur historique.

Le lecteur exportable représente entre 30 et 60% des visions globales. Les vidéos sont reprises hors-contexte, mais on a l’avantage d’avoir ainsi une plus grande visibilité de l’archive.

Il y a aussi des sites autonomes qui sont à base d’archives. Ce sont des modèles de base qui peuvent être repris pour plusieurs projets: par exemple les fresques multimédias (pédagogiques ou grand public) , les jeux, les sites événementiels. On donne comme exemple le site Jalons (uniquement disponible aux abonnés ou aux établissements d’enseignement, le grand public a seulement accès à la version découverte).  Le site intégral suit le programme scolaire dans son contenu, les archives sont donc choisies par des professeurs. Il y a une nouvelle façon de naviguer, sous forme de fresque chronologique. On ajoute aussi les caractéristiques médiatiques du document, dans quelle année, condition, le document a été produit.


Il y a ensuite eu une période de discussion, voici les points importants:

La transcription est faite avec des algorithmes de transcription automatique qui sont fiables à 90%, il faut ensuite repasser à la main pour corriger. Le reste du travail d’éditorialisation est fait par des gens, les choix sont faits de façon consciente. Par contre, les ruptures de plan par plan sont automatisés, alors que le chapitrage est fait à la main. Les algorithmes sont utilisés sur le site mobile, il se rapelle de votre centre d’intérêt, il montre aussi les thèmes les plus discutés.

Une institution a une aspiration avec l’universalité, ce qui est empêché par les parcours qui sont proposés par l’INA. En fait l’INA fait des choix éditoriaux, la question qui se pose est surtout celle de savoir est-ce que cela sert l’intérêt du public et pas des intérêts privés. C’est en regardant les archives que le travail d’analyse se fait, il faut donc choisir lesquels on regarde. (Au sujet de la fausse neutralité de l’algorithme,cliquez ici.)

Il fallait relever ce qui était le plus généralisable, pour pouvoir les diffuser sur le web. Depuis le site grand public, la ligne éditoriale a changée.

En terme d’accessibilité le site ouvert au grand public est plus facilement accessible que le dépôt légal, puisqu’il faut se déplacer pour aller le consulter. Cependant le site grand public est limité dans le contenu, il n”y a pas de chaînes privées par exemple.

La partie des réseaux sociaux est devenue très importante, il faut changer le contenu selon le public spécifique. Lorsqu’on veut toucher le grand public, il faut répondre à leurs demandes. Le lecteur exportable augmente en effet la visibilité, mais enlève les dossiers spécialisés, ce qui limite la crédibilité institutionnelle.

Il y a eu des propositions de mettre toutes les métadonnées du site en Open data, mais il y a eu des questions légales qui ont empêcher de réaliser le projet. Il y a un nouveau projet, de proposer à toutes les institutions culturelles de céder leurs archives pour que l’INA les cataloguent gratuitement, c’est un service public.


Pour un article sur l’archivage et l’Open source, cliquez ici.

2- AUTRES SOURCES.

Voici des compte rendus d’articles sur le sujet:

« Les bibliothèques dans l’écosystème du livre numérique » de Marie D. Martel

« Science and medicine have a ‘publication pollution’ problem » 

Voici des ressources en lignes, articles divers ou vidéos youtube sur le sujet:

Sur la pérennité de l’information à l’ère du numérique, cliquez ici.

Voici la liste complète des liens proposés dans les pages du site:  articles.

2.1- ARTICLE À LIRE: «LES BIBLIOTHÈQUES DANS L’ÉCOSYSTÈME DU LIVRE NUMÉRIQUE» DE MARIE D. MARTEL

Ce court article a paru dans le magazine littéraire Spirale, n. 243, Hiver 2013, p.54-55.

Dans ce texte, Marie D. Martel explique le rapport difficile entre les bibliothèques publiques et les éditeurs de livres numériques. En effet, les éditeurs redoutent qu’à l’ère du numérique, les abonnés des bibliothèques n’aient aucune raison d’acheter des livres numériques chez eux s’ils peuvent se les procurer gratuitement à la bibliothèque.

L’auteure démontre cependant que les usagers des bibliothèques ont tendance à acheter les livres autant que de les emprunter, ainsi la bibliothèque sert de plateforme pour découvrir des nouveaux titre, des nouveaux auteurs…Elle ne nuit donc pas à l’industrie du livre. Dans le cas des livres numériques, les bibliothèques québécoises ont réussi à trouver un compromis avec les éditeurs. Les livres numériques sont traités comme leurs homologues de papier. Les bibliothèques prêtent autant de copies qu’elles achètent et les copies numériques s’effacent après la date d’échéance du prêt.

Bien sûr, les perdants dans cette entente sont les lecteurs, puisqu’ils doivent subir les mêmes inconvénients du prêt en bibliothèque que les livres papiers, c’est-à-dire les listes d’attente pour un livre et le nombre de temps limité d’emprunts. Il y a aussi des inconvénients ajoutés, puisque le changement de fichiers selon les différents éditeurs peuvent causer problème.

Il y a plusieurs problèmes avec le système en place dans les bibliothèques en ce moment. Tout d’abord, on rencontre des problèmes d’accessibilité, ce qui va à l’encontre de la mission de la bibliothèque. La procédure pour emprunter un livre numérique est compliquée (et requiert un ordinateur dans le cas de la BAnQ, puisqu’il faut installer un logiciel). Cette barrière technologique doit être simplifiée pour que l’accès aux livres numériques soit démocratisé. Il y a aussi un problème de formation, la bibliothèque doit débloquer des fonds afin de créer de ateliers de formation pour ses usagers. Ensuite, il y a une question d’éthique. Selon la plateforme utilisée, certaines informations des usagers pourraient être recueillies, créant des problèmes de protection de la vie privée. De plus, les verrous technologiques et les licences empêchent le partage de la culture qui est une autre valeur au fondement de la bibliothèque. En effet cette institution se doit d’encourager les biens communs tels que les logiciels libres et les initiatives telles qui Wikipedia.

Les bibliothèques ont également des ressources leur permettant de contribuer à des projets d’édition pour des artistes locaux ou des amateurs. En effet les bibliothèques se doivent au moins d’éduquer les citoyens sur les possibilités du numérique. Elles peuvent devenir des laboratoires d’auto-édition, comme la Sacramento Public Library et se doter d’une imprimanteEspresso Book Machine, afin de faire de l’impression sur demande.

Les bibliothèques doivent continuer leur travail de lutter pour l’accessibilité au savoir et à la culture avec le numérique.


Voici quelques ressources sur le prêt de tablettes en bibliothèque:

Cliquez pour des scénarios d’usage des tablettes en bibliothèques publiques sur le blog Bibliomancienne.

Ainsi qu’un article sur le blog Bliblionuméricus, par Thomas Foumeux, qui peut être consulté ici (il y a un résumé sur power point à la fin de l’article à consulter aussi).

Un exemple de projet pilote de prêt de Ipads en Philadelphie peut être consultéici.

Voici un exemple de formation à l’utilisation des Ipadsque la bibliothèque public de Halifax donne.

Cliquez pour un article sur la tablette comme outil pour permettre aux bibliothécaires d’être plus mobiles, provenant duLibrary Journal.

Cliquez ici pour un article de La Presse sur l’impression sur demande.

2.2- « SCIENCE AND MEDICINE HAVE A ‘PUBLICATION POLLUTION’ PROBLEM »

Pour l’article original, cliquez ici.

Tiré du New York University School of Medicine et publié par phys.org, cet article relate certains problèmes qui surviennent lors d’un changement de modèle économique consommateur-acheteur au libre accès. Lorsque le financement pour l’édition et la diffusion de l’article se résume à l’auteur-payeur, alors on voit apparaître une possibilité de faire un nouveau type de profit pour les revues scientifiques. En effet, si l’auteur paye, la revue a tout intérêt à publier plus, résultant en une « pollution d’articles scientifiques » tel que décrit dans ce billet. Ce nouvel intérêt financier cause de sérieux problèmes d’éthique au sein de la communauté, jusqu’au pire, les revues prédatrices. Tout ceci demande une vigilance accrue de la part des évaluateurs des revues scientifiques et des chercheurs qui tiennent à rester légitimes.

Cet effet a également été répertorié par Vincent Larivière dans dans le cadre de la conférence « Dispositifs de la lecture savante ».

2.3- SUR LA PÉRENNITÉ DE L’INFORMATION NUMÉRIQUE

Avec l’enthousiasme de la publication du savoir en numérique favorisant l’accès libre, il faut avoir une réflexion sur la durée de vie des informations publiées sur le web. Sont-elles aussi bien gardées que sur papier? Voici un documentaire sur ce sujet  réalisé par la Radio-télévision belge francophone : Nos ordinateurs ont-ils la mémoire courte?

Le plus intéressant segment de ce documentaire (24:40) concerne une solution à la pérennité des formats utilisés dans le stockage de l’information numérique: des chercheurs proposent d’enregistrer l’information sous forme de brins d’ADN. Cette méthode comporte deux avantages: D’abord, pour visionner cette information il suffit d’un microscope, une technologie simple, et ensuite, l’humanité conservera toujours la façon de décoder le langage de son propre génome. C’est pour ces deux raisons l’ADN est le format de plus durable pour enregistrer de l’information.

3- DES EXEMPLES DE PROJETS OPEN SOURCE.

Profitons de cet espace pour montrer différents projets disponibles à tous.

L’exemple de Hypothes.is

Le projet éducatif Crash Course ainsi que son financement.

Pour un article sur l’offre de téléchargements gratuits d’oeuvres québécoises à l’aéroport de Montréal, cliquez ici.

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